11 avril 2018

E+C- : sur le terrain

Une évaluation réalisée par Qualitel apporte des retours d’expérience concrets sur les pistes à développer pour optimiser les niveaux de performance énergie et carbone dans deux opérations de logements tests. Un éclairage intéressant, un an après le lancement du label E+C-.

Le label E+C-, lancée fin 2016 par l’Etat, préfigure la future réglementation environnementale 2020. Il se fixe pour objectif de promouvoir la réalisation de bâtiments performants sur le plan énergétique (bâtiments à énergie positive) ET environnemental (faible production de Gaz à Effets de Serre, tout au long du cycle de vie du bâtiment). Une exigence qui tient au fait que le secteur du bâtiment représente plus de 20% des émissions de GES nationales.

Tests et calculs

QUALITEL a évalué les impacts de l’application de ce label E+C*- sur la conception d’un bâtiment et identifié les solutions énergétiques permettant d’atteindre ses différents niveaux. Trois bureaux d’études ont testé l’application du label sur deux opérations de logements. Globalement, les résultats communs aux trois bureaux d’études montraient qu’en l’état de la conception les niveaux pouvaient être E2 C1*.

L’intérêt a été d’identifier les solutions énergétiques qui permettraient d’optimiser ces niveaux : gaz, électricité, réseau de chaleur et bois. Un travail a également été mené sur l’enveloppe du bâtiment initial, en améliorant l’isolation des murs, les planchers, les protections solaires ainsi que l’étanchéité à l’air. Les combinaisons ont permis d’atteindre des niveaux supérieurs sur l’énergie et le carbone et de tirer quelques enseignements intéressants.

Sur l’indicateur énergétique :

  • En système gaz, le niveau E3 est atteignable en améliorant l’enveloppe et en ayant recours aux panneaux photovoltaïques (PV) ;
  • En système électrique avec chauffe-eau thermodynamique, le niveau E1 ne peut être atteint qu’en améliorant l’enveloppe et en recourant aux PV ;
  • Le réseau de chaleur urbain (72 % d’énergie renouvelable dans les projets) et le bois énergie permettent d’atteindre le niveau E3 sans travailler l’enveloppe et le recours aux PV ;
  • Aucune solution ne permet d’atteindre le niveau E4.

Sur l’indicateur « Carbone » :

  • La solution Bois Energie est avantageuse et permet d’atteindre le niveau C2 pour un des bâtiments conçu en structure mixte bois-béton ;
  • Les solutions gaz sont pénalisantes sur la partie exploitation car ce sont des énergies plus carbonées que l’électricité ;
  • Les solutions électriques nécessitent la mise en place de PV qui ont une forte empreinte carbone.

Aujourd’hui, les premiers bâtiments E+C- sortent de terre. L’observatoire de l’expérimentation E+C- regroupe un an après le lancement de l’expérimentation plus de 80 bâtiments représentant plus de 500 logements, qui vont constituer une base de données pour éclairer les modes constructifs et les choix énergétiques. Mais, comme le souligne Bertrand DELCAMBRE Président de l’Association QUALITEL, ce label impose, notamment sur son volet carbone, un changement radical des modes de faire

Il est essentiel d’explorer les voies de l’éco-conception et de l’optimisation des projets : choix des formes architecturales et des systèmes constructifs pour réduire la quantité de matière utilisée ou pour augmenter leur durée de vie, choix de produits et d’énergies moins carbonés, dimensionnement des installations techniques au plus juste, augmentation des possibilités de recyclage ou réemploi, ou encore intensification des usages du bâtiment…

Les voies de l’innovation sont ouvertes.

* Le label « E+C » prévoit des niveaux Energie de 1 à 4 et Carbone de 1 et 2, soit 8 combinaisons possibles

Source : Qualité logement, Cohésion territoires, Rt bâtiment

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